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Quel est le sujet d’actualité qui est dans la bouche de tous les Français et qui est en passe d’envahir l’Europe entière ? Quel discours se répand sur toutes les chaînes de télé, à l’antenne de toutes les radios et occupent les pages de la plupart des journaux ? Vous l’avez certainement deviné… C’est la malbouffe.

En effet, depuis l’affaire Findus, devenue Spanghero et plus récemment Ikea, on nous rabat les oreilles avec ces considérations gastronomico-culinaires. Pourtant, il n’y a pour ainsi dire absolument rien de nouveau sous le soleil !

Quelle alternative nous propose-t-on ? Faire ses courses sur les marchés, acheter local, être des consommateurs responsables. Responsable de quoi d’abord ? En France, les produits du marché viennent pour la plupart du plus gros fournisseur indirect du pays : Rungis – près de Paris. Sur les étalages de cet immense marché pour vendeurs de produits alimentaires non transformés, on retrouve exactement les mêmes fruits et légumes que dans la grande distribution. Regardez la provenance des produits sur les marchés : Espagne, Maroc, Italie… Uniquement des bons produits venus tout droit de nos chers terroirs ! Il en est de même pour la viande, le poisson, le fromage et autres…
Voyons maintenant ce qu’il se trame au sein de notre bien-aimée industrie.

Ce secteur de notre économie a pour mission de nourrir la France et même une partie de la planète. Elle est sensée faire cela en trouvant le parfait compromis entre prix et qualité. D’accord. Maintenant parlons franchement. Il est évident que l’agroalimentaire utilise tout un tas d’ingrédients pas très bons pour notre santé et qui n’ont parfois rien à voir avec le produit vendu. Est-il besoin de le préciser et de l’expliquer ? Un enfant de 11 ans avec des résultats scolaires médiocres est capable de le comprendre sans que personne ne lui explique quoi que ce soit. Et ce pour une raison simple : l’industrie agroalimentaire n’est pas une association à but non lucratif ! Les dirigeants et les cadres de ces entreprises ont un seul objectif – commun à la plupart de leurs homonymes des grandes sociétés : faire un maximum de bénéfices pour maximiser leur gains après paiement de leurs actionnaires tout en assurant la pérennité et la rentabilité de leur entreprise. Pour ce faire, tous les moyens sont bons. C’est une guerre économique.

Ils ont donc recours, parfois, à des méthodes peu orthodoxes employant des ingrédients qui ne sont pas vraiment recommendables pour la santé, voire nocifs ou même non comestibles. Ils font cela en connaissance de cause la plupart du temps, ou sans le savoir, trompés qu’ils sont par leurs fournisseurs. Quoi qu’il en soit, il existe toujours une personne responsable et au courant des actions critiquables quelque part au sein de la chaîne de fabrication du produit. Ces pratiques sont le prix à payer pour avoir accès chaque jour à une nourriture disponible en grande quantité vendue à un prix raisonnable. En effet, comment croyez-vous que les industriels sont en mesure de proposer du fromage à 7 € / kg, des steaks à 6 € / kg et des tartes à 5 € / kg ? Certains voudraient faire cesser ces agissements en relocalisant la production et en étendant les cultures et les élevages bio à tout le pays, mais c’est une utopie. Laissez-moi vous expliquer pourquoi je pense cela.

Deux milliards d’humains se partagent l’espace de notre chère Terre. Si l’ont voudrait nourrir toute la planète de manière « eco-responsable », il faudrait revenir à d’anciennes méthodes de production remises au goût du jour. Soit. Cela serait compliqué à mettre en œuvre, engendrerait des coûts très importants mais nous mangerions mieux. Soit. Maintenant prenez une minute pour penser à ceci : avez-vous la moindre idée du temps qu’il faudrait pour produire assez de légumes et de viande pour nourrir chaque humain à sa faim en utilisant des procédés labellisés « éco-responsables« , voire « bio » pour les puristes ? Et je parle uniquement de temps. Ajoutez à cela l’argent nécessaire à une telle entreprise, tout en pensant qu’il faut aussi produire de la nourriture pour nombre d’animaux domestiques et en captivité. De plus, si vous poussez le concept de la « bio-nutrition » à son maximum, tout être vivant devrait pouvoir bénéficier d’un apport de nutriments sains et de qualité. Donc les plantes devraient bénéficier d’engrais bio ! Bref, c’est un problème sans fin…

Pour revenir à notre nourriture, je ne vois que trois solutions pour nous sustenter :

  • produire soi-même sa nourriture,
  • dépenser 200 € par mois et par personne pour manger bio
  • faire comme la plupart des gens : manger ce qu’on peut.

En guise de conclusion, je voudrais rappeler que la France, l’Europe et les autres pays industrialisés pleurent sur leur sort de pauvres consommateurs abusés par les méchants industriels de l’agroalimentaire, pendant que 80% de la population mondiale aimerait tout simplement… manger ! Certaines personnes – et elles sont nombreuses – feraient bien de réfléchir plus qu’à leur habitude avant de monter sur leurs grands chevaux afin d’accepter la réalité, de relativiser leur vie à l’aune de celles de leurs congénaires et d’arrêter de se plaindre. Le feu et regretté Bruno Carette, ex-membre des Nuls, résume bien ce concept dans son sketch sur les produits contre l’acné en nous traitant de « bande d’occidentaux embourgeoisés aveuglés par notre égo ». Il va sans dire que je partage totalement son avis.